#18

édition
2026

Les artistes

Ariane Darpy

Née en 1999 Ariane Darpy une artiste peintre, graveuse et dessinatrice française. 

Diplômée de l’ESAL Epinal et des Beaux-arts de Nantes Saint-Nazaire avec les félicitations du jury en juin 2025, sa pratique s’articule autour de la mémoire, des images mentales et de la stratification du souvenir. Elle a réalisé deux commandes publiques : la réalisation de 3 fresques sur l’île de Nantes en collaboration avec le Voyage à Nantes 2024, ainsi que la réalisation de l’affiche célébrant les 140 ans des relations diplomatiques France/Corée du sud. 

Ses peintures et dessins fonctionnent comme des kaléidoscopes : elle y explore la manière dont notre regard circule, papillonne, et comment l’image peut devenir un terrain d’égarement fertile. Ariane Darpy s’intéresse à ce qui surgit dans l’image, mais aussi à ce qui se dérobe, échappe à la perception, pour créer des zones de tension visuelle, des micro-événements qui déclenchent des interprétations multiples.

Nous vivons aujourd’hui dans un monde fait de mosaïques d’images : elle cherche à peindre cette fragmentation contemporaine.

© Ariane Darpy

L'œuvre

Tapisserie, 2025

Peinture à l’huile sur bois, 63 x 76 cm

© Ariane Darpy

Benoît De Mijolla

Né à Nancy, Benoît de MIJOLLA est un artiste plasticien diplômé de l’École Supérieure d’Art de Lorraine, Metz (2020). Sa pratique du dessin interroge les modes de représentation à l’ère numérique. Il reproduit à la main des trames issues de procédés industriels, dont les décalages et irrégularités révèlent le geste humain. À partir d’images ordinaires glanées dans le flux numérique, il déconstruit et réinterprète ces fragments visuels par un processus lent où rythme, matière et répétition redéfinissent l’image.

© Fabien Darley

L'œuvre

Série God Only Knows

God Only Knows n°4, 2025, encre de chine, 21 x 29,7 cm

God Only Knows n°6, 2025, encre de chine, 21 x 29,7 cm

God Only Knows n°9, 2025, encre de chine, 70 x 100 cm

God Only Knows n°2, 2025, encre de chine, 70 x 100 cm

© Benoît De Mijolla

Cléo Garcia

Née à Créteil (1991), Cléo Garcia étudie l’Histoire de l’Art à Leipzig et la peinture à la Haute école des Arts du Rhin de Strasbourg. Après son diplôme, elle expose, entre autres, à la Kunsthalle de Bâle et à la Galerie Droste à Paris, et a été résidente aux APM en 2022 et finaliste pour le Prix Schuler. Elle vit et travaille à Strasbourg.

Dans son travail, elle utilise la figure pour la faire s’éclipser puis revenir sous d’autres formes. Sa recherche s’articule autour des phénomènes de présence et de disparition, de la peinture et du dessin comme moyens de sédimenter les liens que nous tissons avec le monde, de retenir le visible et la fragilité de la présence.

Dans une sédimentation de couches, de repentirs, elle laisse survivre des signes lacunaires ou ensevelis. Par un dialogue ouvert et permanent avec l’autonomie de la matérialité de la peinture, elle cherche à refléter l’énigme permanente qui se dégage de l’état fragmenté de nos perceptions et souvenirs.

©Arno Luzamba Bompere

L'œuvre

je me demande si c'est ici que tu existes, 2024

Huile sur toile, 190 x 150 cm

© Cléo Garcia

Née en 2001 en région parisienne, Lucie Ortega est diplômée de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB) à Brest. Son travail a été présenté lors de l’exposition des diplômé·es Dualités, aux Abords à Brest (2025). 

Sa pratique explore les relations entre humains et non-humains à travers des installations mêlant matières organiques et matériaux artificiels. Inspirée par les pensées de Donna Haraway et Anna L. Tsing, elle s’intéresse aux formes de vie souvent invisibilisées — mousses, champignons, lichens ou bactéries — comme figures de résilience et de transformation du vivant.

© Lucie Ortega

L'œUVRE

Cerbère, 2026

Matériaux organiques et textiles récupérés, 190 x 70 cm

© Miriam Angeli Padilha

Née à Auxerre en 1998 et basée à Bruxelles, Kemy Obafemi est diplômée d’un DNA à l’Esam Caen en 2020 et d’un Master en tapisserie / Arts Textiles à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles en 2024. Elle travaille le textile et les objets du quotidien comme des archives intimes, à travers des gestes et techniques
lentes et répétitives ; (assembler, tisser, coudre, accumuler…)

À partir de linge, de clés, ou d’éléments du foyer, elle explore la mémoire, la transmission et les histoires que contiennent nos espaces domestiques. Ces lieux où se construisent nos identités et nos relations familiales.

La maison devient ainsi un espace habité, traversé par des gestes, des récits et des temporalités multiples, où chaque fragment du quotidien peut révéler une histoire.

Sa pratique prend le temps d’observer, de manipuler, de reconsidérer ces fragments du quotidien. Elle interroge la mémoire des objets non comme quelque chose de figé, mais comme une matière en transformation permanente, et cherche à faire émerger des formes capables de raconter notre rapport au temps, à l’habitat et aux liens qui nous unissent aux autres.

© Camille Pointevin

L'œuvre

Tout a commencé par un premier (2022–2023),

Patchwork, 2100x90cm

© Alexis Beusson

Originaire de Taiwan et formé à l’Université des Arts de Tama à Tokyo ainsi qu’à la Haute École d’Art de Zurich (ZHdK), Chou Naiwen développe une pratique artistique pluridisciplinaire où la sculpture, l’installation et la performance s’entrelacent. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions internationales, notamment en Suisse (Zurich, Berne, Bâle), au Japon, en Thaïlande et en Indonésie.

 

L’approche de Chou Naiwen est marquée par une réflexion profonde sur les rituels du quotidien. Lauréat d’une résidence prestigieuse à la Saari Residence (Fondation Kone) en Finlande en 2024, l’artiste a approfondi ses recherches sur l’anxiété liée à l’apparence. En détournant des objets de consommation courante, tels que les masques de soin en tissu, et en les intégrant dans des structures artisanales complexes en bambou, il matérialise l’accumulation du temps et du soin investi dans l’image de soi.

 © Gongmo ZHOU

L'œuvre

I’m Fine, Thank You, And You, 2025

Bambou, masques de soin usagés, colle biologique, corde en coton, cadres métalliques, système LED 200 x 200 x 200 cm

© Naiwen Chou

Né en 2003 à Béziers, originaire de Guadeloupe, Jules Carlito Beurrier-Loncan vit et travaille à Montreuil. Formé au piano classique et jazz au Conservatoire de Lyon, puis en littérature à la Sorbonne Nouvelle, il poursuit des études d’Art-Espace aux Arts Décoratifs de Paris et de création littéraire à Paris 8, où il suit un programme avec la Columbia School of the Arts.

Ses textes paraissent dans L’écharde, Les Bonnes Feuilles, Zone Critique, 2k2, Revue Miroir, Opium Revue et aux Éditions Kilogramme. Il a notamment performé à la Gaîté Lyrique, au Poetry Club, avec le collectif
Foehn ou encore et à la Galerie Bernard Jordan. Son travail plastique est exposé à la Tour Orion et au Bastille Design Center.

Nourri par des expériences avec Raphaël Barontini, Bintou Dembélé et la Elizabeth Foundation for the Arts (New York), il développe une pratique immersive mêlant installation et composition musicale sous le nom LONCAN. Son travail explore l’identité plurielle, l’aliénation sensorielle périurbaine et la dépossession du corps, du  foyer et du patrimoine. Il confronte Olivier Messiaen aux musiques improvisées, du jazz aux traditions africaines contemporaines, notamment Sisonke Xonti.

© Emile Lecomte

L'œuvre

Une main de lumière a caressé mes paupières de nuit, 2025

Techniques mixtes, 110 x 35 x 40 cm,

© Jules Carlito Beurrier-Loncan

Basil Träsch (1996), plasticien diplômé de TALM-TOURS, vit et travaille en Nouvelle Aquitaine.

En 2024, il participe aux expositions collectives Sortir le travail de sa nuit au CCC-OD (Tours), et Métamorphoses (Saint-Pierre-des-Corps). Au cours de la résidence Les Affluentes, approfondissant l’odonymie locale, il réactive la mémoire de 3 contextes de guerre, tous liés à une histoire locale, nationale et internationale de la colonisation et d’engagements pour la paix. Fin 2025, il poursuit investigations et création aux DomagkAteliers (Münich).

Sensible aux questions géopolitiques et sociales, formé à l’analyse critique de l’Histoire par Raumstrategien (Berlin), il explore une diversité de territoires en s’intéressant à des fragments oubliés de leur histoire et de leurs tensions passées. Par le tissage de documents, il confronte événements, espaces et temporalités, il révèle et revitalise des récits enfouis dans les mémoires, absents des représentations officielles, dont il trouve pourtant des échos discrets dans l’espace public.

© Basil Träsch Libre de droit

L'œuvre

Partir de, Partir à, à Partir de… Saint-Pierre-des-Corps

Rue du 23 février 1950, Saint-Pierre-des-Corps. Vouloir la paix en Indochine :
Tissage de 2 tirages photographiques sur papier 100 g, format 160 x 90 cm

Hébron, Saint-Pierre-des-Corps. Marchés croisés : Tissage de 2 tirages photographiques sur papier 100g, format 130 x 130 cm

Rue du 19 mars 1962, Saint-Pierre-des-Corps : Tissage de 2 impressions numériques sur lin personnalisé, format 300 x 300 cm

B.TRÄSCH©libre de droit

Anaé Jamati vit et travaille à Rennes. Diplômée de l’Ecole supérieure d’art et de design TALM Tours, elle effectue actuellement son master à l’Ecole européennesupérieure d’art de Bretagne de Rennes.

Sa pratique artistique se développe grâce à la photographie et l’écriture par lesquelles elle aborde l’intime queer. Elle a exposé au Sample , au C hâteau de Tours ou encore à l’Atelier 5bis.

Elle capture des moments de vie et d’amour pour montrer comment les liens d’amitié deviennent des liens familiaux ; ces personnes qui deviennent un chez-soi. Ses œuvres s’attachent aux espaces de carecréés par les jeunes queers, où les voix des personnes sexisées et victimes de l’hétéropatriarcat peuvent exister librement. Il lui semble primordial de garder des traces de ces espaces de confiance, surtout lorsque les identités dissidentes sont menacées.

© Sam Chauvel

L'œuvre

Escargot, 2025

Textes à la colle liquide sur feuilles à paillettes argentées, 189 x 89,1 cm (mosaïque de 27 feuilles 21x 29,7 cm)

© Sam Chauvel

Cassandre Lepicard (1997) est diplômée de la HEAR de Strasbourg en 2022. À travers le dessin et la sculpture, elle s’intéresse à la trace laissée par la faune sauvage en milieu urbain ou naturel. Elle a exposé notamment à la galerie Akié Arichi, au salon Pages, à la Tour Orion…

En novembre 2025, elle présente sa première exposition personnelle à la Galerie du Haut-Pavé à Paris. Cette même année, elle est sélectionnée pour la résidence Célébrer les vivant.e.s aux Arches Citoyennes, et à Lieux-Communs (Namur). En juin prochain, elle partira pour un mois aux Pays-Bas dans le cadre du Nouveau Grand Tour organisé par l’Institut français NL. En septembre 2026, elle sera accueillie en résidence par la commune de Dompierre-sur-Besbre.

Ses travaux puisent dans un contact ténu avec le vivant, lors de ses expériences en centre de soin pour animaux sauvages, mais aussi lors de moments d’immersion en milieu naturel. Elle part à la recherche de restes, témoins du passage d’individus sauvages : corps, os, plumes…

Ressources principales de ses sculptures, ces vestiges invoquent la présence de ces vivants oubliés. De retour à l’atelier, elle recouvre ces matières animales d’un voile de cire d’abeille, dernier linceul translucide d’une vie trépassée.

© Juliette Lytovchenko

L'œuvre

Inventaire de l’oubli, 2025,

Cire d’abeille et os de pigeon biset sur béton cellulaire, 13 x 7 x 4 cm (16 sculptures)

© Cassandre Lepicard

Artiste plasticienne, Laurane Desjonquères vit et travaille en région parisienne. Diplômée de la Villa Arson en 2023, sa pratique artistique, centrée sur le textile, interroge la place du vivant et des gestes artisanaux au sein de notre société.

Elle a notamment exposé au centre d’art de la Villa Arson, à la Galerie OpenBach, à la Biennale de Cachan et aux Estivales de Sceaux. Elle développe également son travail en résidence, notamment à la Fondation Pistoletto, en Italie, soutenue par l’Institut français (programme NGT), ainsi que lors de « Rencontre d’ici » à Mantes-la-Jolie, où elle établit des ateliers artistiques autour des gestes liés au travail de la laine.

Par la pratique des gestes allant de la laine brute jusqu’au fil teint, elle explore les relations entre artisanat et industrialisation, gestes traditionnels et automatisation, nature et urbanisation. Ce procédé l’ancre dans une gestuelle lente et consciente, accentuant le contraste avec les rythmes effrénés des productions modernes. Laurane Desjonquères construit ses recherches autour de la répétition des gestes et de la temporalité des processus, célébrant la décélération face à la frénésie industrielle.

© Dalia Jacobs

L'œuvre

Pourvu qu’elles vivent 1 et 2, 2023 et 2025.

Laine, acrylique, corde, vêtements découpés.
Dimensions variables

© Laurane Desjonquères

Âgé de 26 ans, originaire de Créteil et diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2025. La pratique de Winca Mendy s’est développée autour de l’expérimentation de nombreux procédés/médiums de création d’images; de la vidéo à la mosaïque, en dehors de la peinture; du dessin et de la photographie, sans oublier les nombreuses techniques d’impression comme la lithographie offset. Il a notamment exposé au Palais des Beaux-Arts, aux Jardiniers à Montrouge, lors de la biennale internationale de gravure à Sarcelles et la biennale d’Art Contemporain à Champigny-sur Marne. Lauréat du Prix F.P Journe en 2025,  il vit et travaille à Paris.

En travaillant différentes techniques de captures, différents procédés photographiques, Winca Mendy est bien conscient de travailler dans un moment de crise de l’image. Marqué par les écrits de Susan Sontag

pour qui la photographie relève d’un conditionnement et montre non seulement ce qui a été mais ce qui continuera de se produire, il travaille avec le souci d’un sens de l’histoire. Par les gestes de processus et les technologies employées, reflétant les phénomènes naturels ainsi que le fonctionnement de la biologie humaine, son travail explore le visible comme infini mystérieux chargé de mysticisme- rejoignant la fonction de pilier de foi que l’image opère dans nos sociétés.

© Winca Mendy

L'œuvre

Rei Series (II, III, IV, VI), 2025-2026

Tirages Lumen sur papier baryté, dimensions variables

© Lacuillere

Née à Paris (2006), Perrine Mugnier vit entre Paris et Angers dans le cadre des ses études aux Beaux-Arts d’Angers. Par l’établissement d’un dialogue entre la peinture, la gravure et le textile, elle tente de développer un travail qui tant sur le plan sémantique que plastique, explore et interroge différents mécanismes culturels dominants dans nos sociétés. En 2020, Perrine Mugnier a été lauréate du Prix Artiste d’Avenir. 

Son travail est d’abord animé par un profond devoir de mémoire, et une vision de l’art qui répond à cette nécessité mémorielle. Elle interroge à la fois les gestes de transmission des archives photographiques, textiles, textuelles, en tant que vecteurs de récits implicites, la consommation contemporaine des images, des vêtements, des corps et la notion plastique d’usure. L’existence de ces derniers étant remise en cause par l’évolution des modes de consommation dans nos sociétés, et l’omniprésence contemporaine du jetable.

A travers un processus de récupération d’archives familiales et de chine en brocante, elle tente de questionner la façon dont l’intime peut se mêler au collectif pour faire œuvre. En ce sens, elle a développé plusieurs gestes explorant la dualité entre l’outil, la matrice, la trame et le motif.

© Perrine Mugnier

L'œuvre

Le cri (diptyques I et II), 2025

Tissages et peinture à l’huile sur toiles, cadres en aluminium, 30 x 40 cm et 50 x 100 cm x 2

© Libre de droit

Née en 1999, Emma Durovray vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy en 2024. La même année, elle est finaliste du prix Clim’art soutenu par la fondation Andurand. Son travail à été montré dans plusieurs expositions collectives, telles que La roue de la fortune à la Tour Orion (Montreuil), Close-up à Neuvitech (Neuville-sur-Oise), ou Ultranature(s) au 6b (Saint-denis).

En 2025, elle est lauréate du programme de résidence porté par l’Institut Français en Roumanie et participe ainsi à la résidence Light horizons au centre d’art Cetate Arts Danube, soutenue par l’Institut Français et la galerie 418.

Les œuvres d’Emma Durovray explorent les mutations de la nature à l’ère de l’anthropocène, questionnant la place du végétal dans notre quotidien. Accordant autant d’importance au processus de création qu’à l’objet final, l’artiste combine techniques tradition- nelles et réutilisation d’objets manufacturés, afin que les médiums employés soient en cohérence avec le sujet abordé.

À travers le textile, la vidéo et la sculpture, elle propose de redécouvrir les formes végétales en tant que témoins silencieux de
notre vécu. En confrontant ainsi des photographies et objets de ses archives personnelles aux plantes qu’elle collecte, elle s’intéresse à leur similarité et les places sur un pied d’égalité, les considérant en tant que formes plutôt qu’objets. Au-delà du récit, les œuvres d’Emma Durovray sont une incitation à regarder les choses qui nous entourent en tant que figures, spirales, arborescences et contours qui dessinent notre quotidien.

© Alan David Padilla

L'œuvre

Phytocène, 2025,

film , 5’24’’, remerciements à Antonin Tanner et Alice Desos

© Emma Durovray