Prix d’art contemporain dédié à la scène émergente

#16

édition
2024

Les artistes

Né en 1997 à Vannes, Guillaume Bihan vit et travaille entre Paris et la Bretagne. Artiste des arts visuels, son travail s’enrichit plus largement de la pratique du son, de la sculpture, de l’installation et de l’écriture littéraire, tout en étant designer graphique et curateur. Après des études à l’École Duperré, il est diplômé en 2023 des Arts Décoratifs de Paris. Il a également étudié la direction de la photographie au sein de l’école I.L. Caragiale de Bucarest. Guillaume Bihan s’intéresse à l’expression authentique de soi, afin de mettre en lumière les notions de « diversité singulière et plurielle ». Son travail explore une approche des modes de construction identitaire, les possibles difficiles expressions de celle-ci par les individus et la complexité de l’appartenance à soi et des relations aux autres.

Ses lithophanies en porcelaine sont réalisées à partir de photographies prises lors de rencontres sexuelles impersonnelles et éphémères en extérieur, dans les purlieux, hors des zones éclairées par les normes sociales. La spectralité des corps et la dualité éclairé-observable / non-éclairé-non-observable de l’objet évoque la complexité du rapport entretenu par les individus, et notamment les personnes queers, avec le visible.

L'œuvre

Sans titre

Porcelaine, verre, métal divers, installation lumineuse,

55 x 55 x 150 cm

Née en 1991, Audrey Brugnoli est diplômée des Beaux-Arts de Toulouse et de l’École des Arts Décoratifs de Paris. Elle entame en 2020 une thèse sur le développement de dispositifs inclusifs de santé en partenariat avec l’Hôpital Necker et l’Institut Imagine. Son travail autour des peaux synthétiques incarne une vision sociale du design adapté aux enjeux contemporains de santé. 

Son œuvre Les Nébuleuses est une tapisserie murale interactive, mêlant le
toucher et le sonore, qui vise à donner une expression poétique et tangible au vécu quotidien des personnes atteintes d’épidermolyse bulleuse et de leurs aidants. Cette approche sensible, qui questionne les rapports intimes et collectifs au corps et à la matière, explore une nouvelle forme de médiation en santé, entre art et science.

L'œuvre

Les Nébuleuses

Installation, silicone, témoignage audio, électronique.

120 x 50 x 2 cm

Née en 1996, Léa de Cacqueray est diplômée des Beaux-Arts de Paris (2020) et travaille à Montreuil. Ses recherches plastiques se fondent sur les liens entre innovation technologique, croyance et anticipation. Dans ses œuvres, Léa de Cacqueray cultive l’ambivalence et l’indéterminisme comme levier poétique pour imaginer l’avenir. Chacune de ses productions (installations, vidéos, sculptures) est un jeu d’assemblage entre objet de culte transformé, nouvelle technologie et objet usiné et manufacturé.

La sculpture de son installation De Fatum (composée de trois parties) accueille en son centre un tube de verre, contenant un mélange d’eau et d’huile, connecté à de petites pompes manuelles. Elle est inspirée de l’hydromancie, pratique de divination qui trouve ses premières traces 3000 ans avant J-C. Les modifications des flux contenus dans les capsules dessinent des formes sur la surface de l’eau dont nous pouvons faire une lecture symbolique, comme une manière d’entrevoir des pistes pour l’avenir.

 

L'œuvre

De Fatum

Installation, inox, verre, eau, huile de moteur,

130 x 72 x 64 cm

Née en 1994, Valentine Cotte a d’abord étudié la gravure à l’Ecole Estienne de Paris puis la céramique à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) de Strasbourg. Dans ses œuvres (dessins, sculptures, performances, vidéos) qui gravitent autour du thème du corps, de la blessure et de ses soins, l’artiste développe une réflexion sur la fragilité et la résilience au regard des violences, des blessures et des injustices commises sur les femmes et les personnes sexisé·es.

On m’appelle Cotte de Maille est une sculpture souple composée de milliers de maillons de porcelaine réalisés à la main, aux mensurations de l’artiste. L’œuvre, tel un autoportrait assimilé à une armure fragile, raconte l’émancipation de son nom propre, des blessures familiales. Une façon de réparer les couches de mémoires enfouies aux confins de l’intime, et de modeler les non-dits et les failles du passé. Elle représente aussi la fragilisation de ce symbole patriarcal, pour incarner le combat des minorisé·es. Le temps de poser les armes, on fait force de la vulnérabilité.

L'œuvre

On m'appelle Cotte de Maille

Sculpture, cotte de maille en porcelaine,

163 x 50 x 4 cm

Née en 1994, Charline Dally combine dans son travail le signal vidéo analogique, l’imagerie de synthèse, le textile et le verre sous la forme de films, d’installations et de performances. À la fois science-fiction et rêverie poétique, ses œuvres ébauchent des espaces où se jouent et déjouent les identités biologiques, minérales et technologiques. Sa pratique est une invitation à la lenteur en tant qu’acte de résistance et cherche à créer des espaces pour favoriser un état d’introspection permettant d’aiguiser notre attention aux subtilités.

le disque de poussière, une installation vidéo de 17 minutes, tente d’ouvrir de nouvelles perspectives sur la manière de percevoir et de ressentir la minéralité. Cette œuvre propose de reconsidérer la façon dont nous percevons le minéral en observant, à une échelle microscopique, des poussières témoins de la formation du système solaire. Leur morphologie irrégulière révèle une écriture minérale que les chercheur.e.s, Hugues Leroux et Anne-Marie Blanchenet tentent de décrypter, jusqu’au moment où elle semble mystérieusement prendre vie.

Œuvre produite par le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, en
collaboration avec l’UMET, CNRS – Université de Lille

L'œuvre

le disque de poussière

sculpture en verre et film, 17 minutes,

110 x 80 x 1.5 cm

Née en 1993, Diane Gaignoux est diplômée de l’Ecole Duperré et de Central
Saint Martins. Elle développe une pratique plastique autour du corps, où le vêtement et le textile prennent une dimension sculpturale et picturale. Son travail s’inscrit dans une approche sensible et poétique, réfléchissant aux notions de présence et de frontières, à la fois externes et internes, tangibles et rêvées.

Son œuvre Les Survivances, un ensemble sculptural en résine, questionne le vêtement comme seconde peau. L’habit y devient une enveloppe intermédiaire entre le corps et l’espace, survivant à l’absence du corps en une sorte de négatif. Le vêtement y est une mue, un objet de mémoire témoignant du corps disparu: il fait ici office de coquille, sorte d’objet archéologique gardant les traces d’une présence antérieure. En bordant l’espace que le corps occuperait s’il était présent, elle questionne ainsi nos places, nos métamorphoses et ce qui nous constitue.

L'œuvre

Les Survivances

Installation composée d’oeuvres en résine colorée et de socles en mousse,

Dimensions variables, pièces uniques, pièce sonore réalisée en collaboration avec le musicien Victor Baudin.

Née en 1989, Jeanne Held est une artiste pluridisciplinaire diplômée de l’ENSAD avec les félicitations du jury (2013). Elle fonde son travail sur l’observation profonde de ses sujets non humains pour en retranscrire l’essence. Prétextes à une interaction quasi physiologique avec l’image, minéraux, bois, animaux, sont représentés avec une grande sensibilité. 

L’œuvre Les Foreuses de pierre (dessin au fusain) parle de la symbiose entre le minéral et l’animal au travers de l’exemple des pholades, petits coquillages lithophages qui rongent la pierre au point d’y tracer un réseau complexe de galeries. Le coquillage se crée ainsi un abri, qui se transforme en sanctuaire, puis en tombeau. Jeanne Held nous fait nous plonger dans l’infiniment petit, à l’instar du pholade pris dans son labyrinthe de roche.

L'œuvre

Les Foreuses
de pierre

Dessin au fusain,

220 x 140 cm

Née en 1997, Lucie Herlemont est une artiste pluridisciplinaire diplômée de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles en sculpture et de l’École supérieure d’art et de design de Valenciennes. Elle fonde son travail sur les mythes et les rituels pour développer un univers syncrétique. Les questions d’héritage traversent ses projets dans un lexique onirique. C’est dans la cohabitation et le dialogue de coutumes diverses, observées à travers le monde, que se déploie sa recherche artistique.

Son œuvre Les Cerfs ne pleurent pas se réfère au cerf comme animal mythique, auquel on attribue plusieurs symboles : la regénération de la vie, la force, la virilité, le pouvoir et la victoire. Le cerf reste néanmoins un animal vulnérable. Le représenter comme un trophée de chasse met en avant la fragilité des symboles qu’il incarne.

L'œuvre

Les Cerfs
ne pleurent pas

Sculpture, résine époxy cristal,

75 cm

Née en 1999, Lola Loup est diplômée de l’École Duperré. Elle combine son travail du textile à la collecte de matériaux divers qu’elle transforme au gré d’expérimentations. Inspirée par le potentiel des déchets organiques du quotidien, comme les peaux de poissons, Lola Loup stabilise et tanne la matière pour créer une surface textile inédite. Sa pratique l’amène ensuite à développer des travaux autour des cheveux. Passant du corps à l’œuvre, ce matériau organique retrouve sa fonction de parure naturelle chargée de vie et d’histoire. 

Formée d’une paire de tapis en laine floquée de poudre de cheveux naturels, Coulée crée un écosystème hybride qui confronte la fluidité organique du matériau à l’espace domestique de l’objet. Une interprétation esthétique de l’écoulement et du frémissement d’un sol instable, à la fois familier et étranger.

L'œuvre

Coulée

Poudre de cheveux et laine,

350 x 240 cm

Née en 1994, Chloé Milos Azzopardi est une artiste vivant sur une île à la périphérie de Paris. Ses projets mêlant photographies, performances et installations portent sur l’écologie et la construction d’imaginaires post-capitalocènes. Générant des mondes fictifs au travers d’images dont l’étrangeté et la sensorialité sont exacerbées, elle cherche à repenser notre rapport au vivant et à l’altérité.

L’installation Non technological devices est composée de photographies et d’outils composites issus d’éléments naturels glanés, assemblés de manière à mimer les artifices technologiques qui peuplent notre quotidien. Entre productions rudimentaires et créations de science-fiction, ces artefacts créent ensemble un univers fictif fonctionnant comme un miroir tendu à nos fantasmes du futur. L’artiste souhaite générer de nouveaux désirs à l’aide d’images qui puissent être des ressources pour nos imaginaires. Utilisant le jeu et le détournement poétiques d’artefacts symboles du progrès technique, elle interroge l’intervention humaine sur la nature et la disparition des « ressources » terrestres utilisées pour construire les composants de nos objets technologiques.

L'œuvre

Non technological devices

Photographies imprimées sur papier Hahnemühle, photo rag, encadrées par du bois naturel,

Dimensions variables

Née en 1995, Samya Moineaud est diplômée des Beaux-Arts de Paris (ENSBA). Influencée par le monde de la bande-dessinée et du fanzine, elle en extrait deux particularités : son esthétique, et un travail fort autour de la trame narrative. Dans sa pratique, Samya Moineaud interroge les codes académiques conventionnels de la création plastique par une recherche autour du matériau. Elle conserve un fort rapport au dessin, qu’elle tente d’extraire de son support, pour le transposer sur d’autres médiums.

Son œuvre Maisons fantômes, un ensemble de peintures sur bâches, est inspirée de la culture populaire adolescente nord-américaine. Non sans évoquer les quartiers pavillonnaires des teen-movies, ses maisons sont réalisées avec une précision chirurgicale. Samya Moineaud parvient à extraire l’essentiel de ce qui constitue une habitation. Derrière ce symbole fort de stabilité, les foyers sont en fait évidés de toute présence humaine, le calme n’est que de façade.

L'œuvre

Maisons fantômes

Peinture acrylique sur bâche en plastique,

115 x 170 cm

Née en 1993, Zoé Moineaud Rottenbacher est une artiste travaillant et résidant à Paris. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2021 et d’un master en art plastiques à la Sorbonne en 2017, son parcours artistique est profondément influencé par les troubles cognitifs et leur impact sur les interactions humaines. Elle modèle l’argile en creux, ornemente ses sculptures d’empreintes. Le geste de création, instinctif et nerveux, devient une forme de communication silencieuse et l’œuvre, un témoin matériel : ce qui reste lorsque la mémoire s’efface.

Commissural Cell of the thoracic spinal cord (sculpture en faïence non émaillée et en verre soufflé) est inspirée du travail du prix Nobel de neurologie Santiago Ramon y Cajal qui découvre, entre autres, l’interconnectivité neuronale. Pour retranscrire l’aspect tentaculaire en arborescence des neurones, Zoé choisit des matières brutes : le verre met en exergue le grain et la sécheresse de l’argile. La transparence symbolise la démence : un désert qui s’ouvre à nous comme une déambulation dans un espace vide de repères.

L'œuvre

Commissural Cell of the thoracic spinal cord

Sculpture, faïence, verre, laiton,

210 x 44 x 40 cm

Née en 1994, Carole Mousset interroge le corps, comme contenant fluide en constante mutation et espace d’expérimentation de l’imagerie du doute. Elle s’inspire de ce que David Cronenberg appelle « le cancer créatif » (i.e l’adoption du point de vue de la maladie lorsque l’on parle du corps) et vise à la représentation d’une certaine émancipation de celui-ci, libéré de toute barrière épidermique. Dans un subtil équilibre de couleurs et de formes organiques, elle mêle dans ses peintures, érotisme, romantisme et esthétique gore.

Son œuvre Étoile de mes yeux, une peinture à l’huile sur coton, est le point de départ d’une série de toiles Les Chaires regardantes, qui repose sur la présence d’un œil au cœur de paysages organiques foisonnants. Carole Mousset joue sur l’ambiguïté de perception engendrée par la peinture, qui par le recadrage et le traitement, perd le·a regardeur·euse sur l’origine même de l’image. Elle/il est donc convié.e à questionner son propre regard dans un contexte de fascination, puisqu’ici, ce qu’on se plaît secrètement à observer nous regarde en retour.

L'œuvre

Étoile de mes yeux

Huile sur coton,

85 x 100 cm

Née en 1992, Juliette Pénélope Pépin est une artiste dont la pratique transversale cherche à lier différentes formes de savoirs à travers une approche écosophique et critique de thématiques contemporaines. Ses recherches en culture visuelle, écologie, études post-naturelles, hydroféminisme et technocritique nourrissent sa création artistique. Inspirée par les perceptions humaines et autre-qu’humain.e.s, son travail explore les significations du «voir» et de «l’être vu» à notre époque en combinant expérimentation esthétique, échanges pluridisciplinaires et pédagogie alternative. Sa pratique artistique englobe, entre autres, la sculpture, le collage, l’iconographie et les vidéos expérimentales, l’installation.

Sigé, découle du projet de recherche Biocoenose mené par l’artiste en France et au Japon de 2021 à 2024 (grâce au soutien de la Fondation franco-japonaise Sasakawa). Le projet explore de manière critique les associations visuelles symboliques attribuées aux grenouilles et interroge les perceptions que nous avons de l’autre qu’humain. Enrichi par des échanges avec des spécialistes et des résidences artistiques, il se décline sous plusieurs formes, dont cette installation.

L'œuvre

Sigé

Installation, cire, verre, bioplastique d’algue, grès biscuité, pigment médium acrylique,

Dimensions variables

Né en 1997, Alexandre Yang est basé à Paris. Après des études de médecine, il se dirige vers un cursus artistique et intègre les Beaux-Arts de Paris dont il sort diplômé en 2024. Son cursus sera marqué par un passage à la Korea National University of Arts en 2022. Il expose en avril 2024 au Palais des Beaux-Arts, dans le cadre d’Autohistoriás, une exposition collective confrontant l’œuvre d’artistes contemporains à celles de maîtres comme Géricault ou Rembrandt.

Son travail est orienté sur la quête de soi. Dans une démarche d’autofiction, il livre une représentation onirique et fantasmée de son existence, de son enfance à maintenant. Ses peintures s’enrichissent de pattern inspirés des broderies traditionnelles de son peuple. Ces motifs historiques, autrefois utilisés pour décrire des scènes de la vie quotidienne ou des scènes de guerre sont réutilisés pour raconter son histoire, celle d’un artiste Hmong contemporain. J’étais si loin et j’ai pensé à toi,  révèle la présence et la force de certain des personnages de cette quête, qui contribuent à former les expériences et donc l’identité du héros de cette fiction.

L'œuvre

J'étais si loin et j'ai pensé à toi

Peinture, huile sur toile, huile sur bois, cadre en chêne et cerisier,

170 x 120 cm