Prix d'art dédié à l'émergence des jeunes artistes contemporains

TREIZIEME EDITION

Les artistes

Formée à l’Université Sciences et Technologies de Zhejiang, puis à l’École nationale supérieure des arts décoratifs en master Mode et matières, Ziyue Chen, 25 ans, s’intéresse plus particulièrement à la création de tissus, grâce auxquels elle a gagné plusieurs prix.

Ziyue Chen a créé See Weed, un corset constitué d’un patchwork d’algues et de soie, du bioplastique qui sublime la matière en évoluant selon son utilisation. Porté, il prône une symbiose entre l’Homme et la nature, au travers de nouvelles techniques recyclables, la nature peut effectivement reprendre le dessus. Modèle unique voué à une seconde vie hors de toute considération humaine, cette œuvre éphémère propose une réflexion sur les possibilités que nous offre l’art pour évoluer concrètement vers des pratiques plus respectueuses de notre environnement.

Ziyue
Chen

L'œuvre

See Weed

Bio-plastique à base d’algue, 2020

Après l’obtention de son diplôme à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon, puis à sa participation à la résidence céramique sur le thème du multiple proposée par l’ISBA, Benjamin Desoche intègre les Ateliers d’artistes de la Ville de Besançon de 2017 à 2019. Depuis janvier 2020 il est installé à Dijon dans les ateliers de La Volière.

Le travail de Benjamin Desoche s’organise autour de la mosaïque et le motif contemporain du pixel, image abstraite d’un champ magnétique auquel l’artiste a donné du relief, du poids, de la texture, une matérialité. Les ondes insaisissables se retrouvent inscrites dans le marbre et les tesselles. Paysage WI-FI et Magnétisme représentent des modélisations de ce à quoi pourrait ressembler notre monde si la part de numérique dans nos vies devenait trop importante.

Benjamin Desoche

L'œuvre

Magnetisme

Mosaïque, marbre, mortier, acier, 2018

Né en 1988 à Lyon, Hugo Deverchère est diplômé de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains.

Son travail a été présenté dans de prestigieuses institutions internationales (dont le Palais de Tokyo) et dans de nombreux festivals (tel le Pearl Art Museum Shanghai). La recherche scientifique, l’exploration spatiale ou la science-fiction sont souvent le point de départ et la source de nombre de ses extrapolations. Hugo Deverchère présente Delusion, sculpture vivante composée d’un cube de plexiglass dans lequel évolue une tornade alimentée par un système de ventilation. Critique de notre obsession à vouloir contrôler ce qui nous dépasse, ou prouesse de l’artiste à sublimer l’intangible, cette œuvre nous livre une vision de l’avenir de l’humanité dans laquelle nos progrès pour contrôler notre environnement pourraient se retourner contre nous, tout comme la capacité qu’a cette machine de dominer cette catastrophe naturelle en puissance, car ce qui l’alimente est aussi ce qui la détruit. 

L'œuvre

Delusion

Plexiglas, eau, ultrasons, ventilateurs, néons blancs, relais temporisé, 2016

Manon Lanjouère, 28 ans, a obtenu son bachelor en Photographie à l’École des Gobelins et a participé à de multiples résidences pour perfectionner sa technique, grâce auxquelles elle a remporté de nombreux prix. Ses œuvres sont aujourd’hui exposées au sein de collections internationales.

Dans Bleu Glacé, l’artiste nous présente un faux témoignage d’une expédition scientifique, dont la visée n’est pas de tromper son monde mais de proposer une alternative au tourisme de masse. Elle se concentre ici sur l’Islande, terre qui inspire son œuvre. À l’aide d’impressions photographiques sur des matériaux synthétiques, Manon Lanjouère reproduit l’esthétique de sites naturels, du moins ce que nous nous attendons à trouver en allant sur de tels lieux. Son travail se teinte néanmoins d’une funeste prémonition, celle de l’irrémédiable transformation de nos paysages d’exception en déchetterie à ciel ouvert.

Manon
Lanjouère

L'œuvre

Bleu Glacé

Lexique des paysages islandais – Polystyrène , lac d’iceberd de Jökulsarlon, impression jet d’encre sur Hahnemühle Photo Rag Ultra Smooth, 2016

Né en 1987 dans une famille d’artistes, Hang Lu a suivi ses parents journalistes en reportage dans toute la Chine. Il est diplômé des Beaux-Arts de Sichuan, puis des Beaux-Arts de Bourges. Il vit et travaille aujourd’hui entre Paris et Pékin.

Dans sa série “Artificial Landscape”, l’artiste représente, dans une vision eschatologique, des scènes de villes qui semblent imploser. Une explosion de couleurs vives et irréelles vient renforcer ces scènes apocalyptiques tirées d’évènements passés qui, par leur étrangeté, semblent aussi prédire le futur. La figure humaine n’est pas directement présente dans cette œuvre, mais c’est bien la relation entre les hommes et la ville que l’artiste essaye de dépeindre. La ville, création humaine, peut tout aussi bien être détruite par celui-ci. C’est l’homme qui écrit l’histoire.

Hang
Lu

L'œuvre

Paysage Artificiel n°1

Peinture à l’huile sur toile, 2019

Diplômée de l’Institut des Beaux-Arts de Sichuan et en formation à l’ENSBA, Yuqiu Mao a déjà été exposée en Chine et à Singapour.

Mêlant incongruité, une bonne dose d’extravagance et beaucoup d’humour, cette artiste imagine les outils dont nous serons peut-être amenés à disposer dans le futur. Ses expériences nous confrontent à nos propres contradictions et nous incitent à exercer notre capacité de compréhension, car ses dispositifs « ridicules ou fumistes », selon ses propres mots, reprennent les codes de nos sociétés, sans pour autant être catégorisés. Nous sommes ainsi obligés de nous saisir de ces sculptures qui exigent la présence de l’Autre. Interactives, ces situations sondent l’imprévisible et tournent en dérision le caractère de plus en plus impersonnel de nos relations sociales…

Yuqiu
Mao

L'œuvre

I means whole of the world

Surmoulage de résine, tissus et trépied, 2020

Née en 1993 à Paris, Manon Pretto est diplômée de l’École Supérieure d’Art de Clermont Métropole.

Son travail explore les frontières entre le corps et l’image en s’intéressant tout particulièrement aux relations sociales qu’entretiennent les individus entre eux, plus précisément aux rapports d’autorité et d’oppression. L’artiste présente Under The Ground, une installation qui surgit du sol et nous projette dans un espace numérique en ruine. Récit d’un futur anticipé, cette installation interroge notre rapport à un patrimoine de plus en plus virtuel, où bientôt la vie entière sera conservée sous forme de données. Ces écrans agissent comme des scanners et donnent à voir un monde qui n’est plus. Ici et là des images tentent de refaire surface tels des soubresauts d’humanité qui cherchent à survivre. Détériorées et tamisées par le temps, elles forment les reliques d’un futur inévitable.

Manon
Pretto

L'œuvre

Under the ground

Installation à écrans multiples, télévisions, gravats, photos digitales, 2020

Née en 1989, diplômée et félicitée de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris en 2014, elle poursuit en tant qu’étudiante-chercheuse dans le programme de recherche Reflective Interaction à l’EnsadLab jusqu’en 2017. Après avoir participé à plusieurs résidences, elle vit et travaille actuellement à Marseille.

Charlotte Gautier Van Tour créera une œuvre évolutive, unique et vivante dont l’apparence dépendra des conditions d’exposition. Composée d’algues agar-agar et de pigments naturels, Top View (Earth Archive)représente notre planète. Soumise à des phénomènes aléatoires, cette œuvre nous oblige à rester humble, à l’écoute des craquements perceptibles de sa matière, dont on pressent l’infime fragilité. Or, c’est son inéluctable disparition qui la parachève.

Charlotte
Gautier Van Tour

L'œuvre

Top view
(earth archive)

Agar-agar, spiruline, pigments naturels, 2020

Née en 1995, Gala Vernhes-Chazeau est diplômée avec les félicitations du jury de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris en scénographie. Elle a déjà participé à plusieurs expositions notamment au Cent-Quatre et au Palais de la Porte Dorée.

Ses œuvres s’inscrivent dans un projet global, B A L (Buy A Life), en référence aux magasins d’ameublement de grande  envergure qui imposent un modèle de vie unique. L’installation Dîner, sorte de découverte archéologique de notre époque contemporaine, nous propose une vision critique du futur de l’humanité. En ne proposant à la vente que les restes de ce repas qui a mal tourné, l’œuvre signifie le manque croissant de considération à l’égard des hommes. 

Gala
Vernhes-Chazeau

L'œuvre

Dîner

Châssis, moquette, kakemono, objets usuels et nourriture, assiettes en grès et kintsugi blanc 2019-2020

Née en 1989, Yuyan Wang vit et travaille à Paris. Diplômée du Fresnoy – Studio national des arts contemporains en 2020 et des Beaux-Arts de Paris en 2016 (avec les félicitations du jury), elle réalise des projets multimédias qui oscillent entre film, performance et installation, souvent dans une démarche immersive.

Dans sa vidéo All the movements should kill the wind, Yuyan Wang nous dévoile le quotidien de sculpteurs dans une ville proche de Pékin. Au travers d’un paysage minéral rythmé par le bruit des scies, nous découvrons un univers de brouillards et de vent, où des hommes s’effacent sous la poussière des monuments qu’ils façonnent. Avec ce témoignage radical, la parole n’est plus nécessaire. Simple constat du labeur des artisans, cette micro-histoire nous éclaire sur le monde qui les entoure, sur celui qui se construit.

Yuyan
Wang

L'œuvre

All movements should kill the wind

Installation vidéo, 2019